Une vie brisée par une faute administrative

Par Camille FratiMisch Pautsch

La justice n'a pas reconnu la responsabilité de l'État dans les dysfonctionnements administratifs cumulés dans le dossier d'un salarié en attente de reclassement. Pourtant le préjudice est bien réel.

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Dans l'album d'Astérix et Obélix Les douze travaux d'Astérix publié en 1976, les deux intrépides Gaulois doivent réussir à quitter la Maison qui rend fou avec un certificat A-38. Baladés de guichet en guichet, récoltant à chaque étape une bribe d'information invariablement corrigée ou démentie à la suivante, ils manquent de perdre la raison. Une caricature à peine masquée des usines à gaz que sont les administrations, entre procédures implacables, agents inintéressés ou incompétents et capacité à compliquer la moindre démarche. Cela ressemble à ce qu'a vécu Ronaldo (prénom modifié par la rédaction), mais avec une fin moins heureuse que pour les deux moustachus.

C'est en 2004 que commence un long cauchemar pour Ronaldo, qui a accepté de livrer son témoignage au Journal sous couvert de l'anonymat. Il n'a pas 40 ans lorsque, responsable de secteur dans une entreprise de construction métallique, il manque de se faire écraser par une charge. Il n'a rien en apparence mais "le soir je ne me sentais pas bien, j'avais mal au dos et des vertiges", se souvient-il. "Je suis allé aux urgences de l'hôpital d'Ettelbruck. Le médecin qui m'a examiné pensait que j'avais des cristaux ORL, mais quand il a vu que ce n'était pas le cas, il a insisté pour que je sois hospitalisé pour subir des examens. Au bout d'une semaine, une IRM du dos a révélé trois hernies cervicales et une compression dorsale. Les muscles de mes omoplates étaient déchirés." Plus tard, les tendons de ses épaules lâchent à leur tour. Malgré plusieurs opérations, il ne recouvrera jamais ses pleines capacités.

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